24 Heures du Mans : opération sauvetage ?

Crédit photo : Adrenal Media / WEC
03 septembre 2017
Par Emilien Borderie
L’Automobile Club de l’Ouest annonce quelques modifications dans le déroulement de son championnat du monde d’endurance. L’objectif étant de convaincre de nouveaux concurrents, après les inquiétantes défections successives d’Audi et de Porsche.

La première détonation remonte au mois d’octobre 2016, lorsqu’Audi a annoncé son retrait du championnat du monde d’endurance. La deuxième fut la décision, similaire, prise en juillet dernier par Porsche. Sans attendre que Toyota, dernier constructeur officiellement engagé dans l’élite du sport-prototype, fasse de même et enterre la compétition, l’Automobile Club de l’Ouest a choisi de communiquer une série de nouveautés à même de "permettre aux écuries et partenaires du WEC de poursuivre leur engagement dans le championnat grâce à un modèle économique viable et durable" écrit l’ACO.

Un calendrier revu

Première nouveauté clairement annoncée, un réagencement des courses qui fera de l’épreuve sarthoise le point d’orgue de la saison : "Lorsque le WEC a été créé il y a cinq ans, avait été exprimé le désir d'un calendrier décalé s'achevant par les 24 Heures du Mans, joyau des courses d'endurance, ce qui n'avait pas été possible jusqu'à maintenant" indique l’ACO, en confirmant qu’il y aurait donc désormais une saison 2018-2019, une saison 2019-2020, et ainsi de suite, chaque saison sera à cheval sur deux années civiles et chaque année, les 24 Heures du Mans clôtureront le championnat du monde.

Des coûts réduits

Si la prochaine saison fera office de transition, avec par conséquent les 24 Heures du Mans mais aussi les 6 Heures de Spa-Francorchamps à disputer deux fois, le futur calendrier du championnat comptera deux épreuves de moins : "Le nombre de courses sera réduit de neuf en 2017 à sept en 2019-2020, ce qui devrait devenir le nouveau rythme de croisière" détaille l’ACO, avant de préciser que "ce calendrier remanié aboutit à une réduction des coûts pour les écuries -frais d'engagement, coûts d'exploitation, fournitures- et permet également la mise en place d'une nouvelle logistique, avec expédition par bateau plutôt que par avion, d'où des frais de transport divisés par trois".

Séduire plus de constructeurs

Toujours dans la logique d’une réduction des coûts, l’ACO promet que d’autres décisions, portant par exemple sur un nombre d’essais privés et collectifs revus à la baisse seront annoncées : "L'ACO et la FIA restent profondément convaincus que la technologie comprenant les systèmes hybrides doit garder une place de choix en endurance, mais pas à n'importe quel prix. Les budgets investis ces dernières années en LMP1 ne sont plus envisageables, et un retour à des valeurs budgétaires raisonnables devraient permettre à tous les constructeurs de courir dans cette discipline"… Reste à savoir si par exemple Peugeot, pressenti pour faire un retour au Mans et qui avait précisément exigé une réduction de la facture, sera séduit.