Bretoncelles : ça carbure pour la station-service

Crédit photos : mairie de Bretoncelles
22 novembre 2017
Par Emilien Borderie
Si l’idée a pu paraître un peu osée au départ, le bilan met aujourd’hui tout le monde d’accord : à Bretoncelles, la distribution de carburant a été municipalisée. Et les clients sont plus nombreux qu’attendu.

Fin 2015, ouvrait une station-service un peu particulière dans le Perche : gérée non pas par un groupe pétrolier, ni par une grande surface, ni même par un garagiste, mais bien par une municipalité. Celle de Bretoncelles, qui a pris les choses en main après la fermeture de sa dernière pompe : "Les habitants se sont retrouvés dans l’obligation de parcourir près de dix kilomètres pour faire leur plein, et du coup, la tentation était grande d’en profiter pour faire les courses en même temps. Face à cette fuite de la clientèle, les  commerçants m’ont demandé de réagir" explique David Lambert, maire de Bretoncelles.

Consommation au-dessus des prévisions

Décision a donc été prise d’ouvrir une pompe communale, en confiant la gestion du stock d’hydrocarbures à une secrétaire de mairie spécialement formée, avec un résultat plus que concluant : "Nous avions fait un prévisionnel sur la base de ce que vendait le dernier garagiste de la commune, à 350 000 litres par an… Bilan, au bout de cette deuxième année d’exploitation, nous allons dépasser les 620 000 litres. Comme on applique une tarification au plus juste, avec la volonté simplement d’équilibrer le fonctionnement, tout en veillant à ne pas vendre beaucoup plus cher que la grande distribution, ça marche !" se réjouit David Lambert.

D'autres communes étudient l'idée

L’idée de municipaliser la distribution de carburant n’est pas neuve. A Bretoncelles, on s’est inspiré, dans l’Orne toujours, de l’expérience de Passais-la-Conception. Et d’autres vont semble-t-il suivre, puisque les élus de Neuilly-sur-Eure ou encore ceux du Theil-sur-Huisne y songent sérieusement : "Ils ont fait le même constat que nous et je leur souhaite de réussir. Il faut simplement espérer que les habitants s’approprient le service. Si tel est le cas, alors ça ira dans le bon sens, comme chez nous. Plus on maintient de services, mieux on maintient la population dans nos secteurs ruraux" analyse David Lambert.

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