Guerre de tranchées à Blois

Crédit photo : Nicolas Terrien
11 septembre 2017
Par Nicolas Terrien
Des riverains bloquent la rue Sainte-Catherine à Blois depuis ce lundi matin, en marge de travaux d’enfouissement réalisés par GRDF. Ils exigent de ce chantier qu'il aboutisse à l'enfouissement de tous les réseaux. Un des habitants a même entamé une grève de la faim.

Depuis 8h ce lundi 11 septembre, François Monnier est menotté au volant de sa fourgonnette qui bloque l’accès au chantier de la rue Sainte-Catherine à Blois. Le meneur de ce mouvement de contestation vient même de débuter une grève de la faim pour dénoncer, selon lui "un gâchis de l’argent du contribuable". Les riverains, dont cinquante ont signé une pétition envoyée en mairie, réclament l’enfouissement de tous les réseaux, à la fois eau, électricité, gaz ou encore fibre.

Les raisons de la colère

Il y a deux ans, la municipalité de Blois a réhabilité les rues voisines Chambourdin et du Grain-d’Or  : "Des travaux que nous avions programmés et budgétés" explique Jérôme Boujot, maire-adjoint chargé de la voirie. Sauf que sur la rue Sainte-Catherine, c’est GRDF qui porte ce chantier de remplacement d’un réseau de distribution de gaz vieux d'un demi-siècle : "C’est eux qui nous ont demandé ces travaux, nous n’en sommes pas à l’initiative" précise l'élu.

Pas de budget côté ville

Jérôme Boujot estime la demande des riverains à 300 000 euros : "Dans ce contexte budgétaire, il nous est impossible de mener ces travaux" affirme-t-il. "A ce moment-là, que la ville en profite pour élargir la tranchée afin d’insérer des gaines vides pour enfouir tous les réseaux le moment venu ! " répond François Monnier qui estime l’opération à 20 000 euros... Plus du double -42 000 euros- selon l’adjoint au maire.

Blocage de rue et dialogue dans l’impasse

Quatre voitures bloquent depuis lundi matin l’accès au chantier pour les opérateurs de GRDF. Vers 9h30, la police municipale est venue constater le barrage monté par les habitants. Attaché au volant de sa voiture bloquant une pelleteuse, François Monnier se dit déterminé : "J’irai jusqu’au bout, quelles qu’en soient les conséquences" indique le gréviste de la faim. Et la tonalité de ses propos ne semble guère de nature –pour l’heure– à faire retomber la pression...