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Témoignage : "Pas envie que ma fille soit morte pour rien"

26 juillet 2018 à 19h33 Par Jonathan Lateur
Crédit photo : Crédit photo : Jonathan Lateur

Neuf mois après l’assassinat de Louise Lavergne en Belgique, la mère de cette étudiante sarthoise de 22 ans veut mener le combat contre la récidive. Le meurtrier avait déjà été condamné à deux reprises pour viol.

Le combat d’une mère. Le 9 octobre 2017, Louise Lavergne, étudiante sarthoise à la faculté vétérinaire de Liège, était retrouvée assassinée chez elle, en Belgique. Son meurtrier, un voisin de 54 ans, se trouvait en liberté conditionnelle après plusieurs condamnations pour viols. Il avait aussi fait l’objet d’un signalement auprès de la police de la part de sa future victime suite à plusieurs gestes déplacés. Neuf mois plus tard, la mère de Louise brise le silence : "Après chaque histoire semblable, on a une marche blanche puis... plus rien. Et six mois plus tard, ça recommence, un nouveau meurtre. Si je peux faire quelque chose pour les autres, puisque je ne n’ai plus d’enfant à perdre, cela me fait du bien" explique Sabine Larose.

"Ne plus laisser de récidivistes en liberté"

Plus que jamais déterminée à agir en l’honneur de sa fille, Sabine Larose s’est fixée pour objectif de convaincre les députés de revoir la loi sur la récidive. C’est ainsi que le 15 décembre dernier, elle a obtenu un premier entretien avec la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa : "Je lui ai dit toute ma colère. Il y a trop de criminels récidivistes en liberté autour de nous. Après avoir été condamnés, ces prédateurs sexuels bénéficient de remises de peines. Certains ne font au final que 3 ou 5 ans de prison et ensuite on leur laisse une chance de se réinsérer. Mais quelle est la chance qu’on laisse à nos enfants qui n’ont rien demandé ?!" poursuit avec émotion la mère de Louise.

Rencontre avec des députés

A l’issue du rendez-vous, Marlène Schiappa a proposé à Sabine Larose de rencontrer des députés pour partager sa douloureuse histoire. Une réunion qui s’est finalement tenue le mercredi 18 juillet à Paris, en présence d’une quinzaine de parlementaires : "J’avais préparé un texte pour en arriver à la conclusion qu’il y a urgence à changer les choses. J’ai cité de nombreux autres exemples tragiques comme celui de ma fille. Les récidivistes doivent absolument purger l’intégralité de leur peine. Il y a des preuves plein les journaux, quand ils violent, ils recommencent" regrette Sabine Larose. Après ces échanges, la secrétaire d’Etat a annoncé la création d’un groupe de travail contre la récidive.